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Sfax, la Ville

 

Sfax (صفاقس), deuxième ville et centre économique de Tunisie, est une ville portuaire de l'est du pays située à environ 270 kilomètres de Tunis. Riche de ses industries et de son port, la ville joue un rôle économique de premier plan avec l'exportation de l'huile d'olive et du poisson frais ou congelé. Sfax est une cité d'affaires et attire peu les touristes. Cela n'exclut pas la présence de certains sites intéressants, tels que la médina et Thyna, malgré la présence des usines de traitement du phosphate.

Sfax compte 265 131 habitants (pour une agglomération, le Grand Sfax, d'environ 500 000 habitants) et se présente comme une agglomération très étendue (sur 220 km² soit autant que l'agglomération de Tunis qui compte quatre fois plus d'habitants), plate et comprise dans un tissu urbain structuré par des axes de communication en toile d'araignée. Elle est bordée à l'est par la mer Méditerranée et l'amorce du golfe de Gabès.

Étymologie

Sfax est certainement la transformation de l'ancien nom de la ville qui porta le nom du roi numide Syphax.

Mais c'est plus rarement à un produit agricole, une cucurbitacée, que l'on attribue l'origine du nom de Sfax2. Ce dernier viendrait en effet de fakous qui signifie « concombre » en tunisien. Toutefois, Élisée Reclus explique dans sa Nouvelle géographie universelle l'origine de cette fausse interprétation : « Un des légumes que l'on cultive le plus dans les jardins de Sfakès est le concombre ou fakous, mot d'où l'on a voulu dériver le nom de la ville : d'après Shaw [Thomas Shaw qui fit un voyage dans la Régence de Tunis en 1732], Sfakès serait la cité des concombres3. »

Histoire

Sfax, ancienne Syphax berbère et par la suite Taparura romaine, est rebâtie par les Aghlabides au IXe siècle à partir des matériaux de l'antique ville romaine située à environ trois kilomètres. Ils construisent les remparts qui donnent à la médina sa configuration actuelle. La cité doit résister aux Hilaliens venus d'Égypte en 1057 et, de 1095 à 1099, elle constitue un petit émirat indépendant.

Elle passe, comme la plupart des villes côtières, sous la domination du prince normand Roger de Sicile en 1148 avant d'être réintégrée à la sphère musulmane par les Almohades d'Abd al-Mumin en 1159.

Sfax connaît la révolte d'Ali Ben Ghdahem en 1864 s'opposant au bey de Tunis, pendant laquelle a eu lieu un pogrom[réf. nécessaire], et celle de 1881 pour refuser le protectorat français. Les troupes françaises sont obligées de la bombarder pour en venir à bout.

Elle est également bombardée par les Alliés pendant la campagne de Tunisie (Seconde Guerre mondiale) alors qu'elle est occupée par les puissances de l'Axe en 1942-1943. Sfax est la ville où s'illustrent deux grands militants de l'indépendance nationale assassinés par l'organisation terroriste coloniale La Main rouge : le syndicaliste Farhat Hached (natif de l'archipel des Kerkennah) qui est abattu le 5 décembre 1952 et le responsable destourien Hédi Chaker qui est tué le 13 septembre 1953.

Architecture et urbanisme

Enceinte de la médina

Le noyau central de l'agglomération est formé d'une médina cernée de remparts (rbat) et d'une ville moderne, née sous le protectorat français en Tunisie, et incluant l'hôtel de ville et la gare. Les quartiers de bureaux sont prolongés par un vaste ensemble portuaire actif depuis 1897 (port de commerce, de pêche et de passagers). En 1984 est entreprise une vaste opération de rénovation d'une partie de la ville moderne avec l'aménagement du quartier de Sfax El Jadida (nouvelle Sfax). Il s'agit auparavant d'un espace en friche de cimetières désaffectés.

Par ailleurs, la médina est devenue un espace où l'on habite de moins en moins et qui se spécialise dans la production économique (on parle alors de « soukalisation »). Les habitants l'ont quittée à la recherche de logements plus grands. Ainsi, cet espace ne compte plus que 3812 habitants en 1998 contre 10 668 en 1956. Jusqu'aux années 1970, l'agglomération dépasse à peine la ville de Sfax avec les noyaux urbains de Sakiet Ezzit et de Sakiet Eddaïer qui sont alors de petites villes constituées autour d'activités de transformation agricole (trituration des olives et huileries).

Le quartier de Picville doit lui son nom à Paul Pic, habitant de Sfax depuis 1868, qui planta un vignoble d'une superficie de 34 hectares en 1892 dans la zone du contrôle civil de Sfax. Il fut par ailleurs président de la Chambre mixte de commerce et d'agriculture du sud de la Tunisie en 1897. Ce quartier est situé à l'ouest de la médina et s'étend jusqu'à un jardin public. Dès le début de son urbanisation, on y construit de petits immeubles d'un ou deux étages avec terrasses, souvent attenants les uns aux autres, le long des voies de circulation qui quadrillent le quartier.

Agglomération

Sfax est une agglomération très étalée de 22 000 hectares (espace urbain sur un total de 55 000 hectares qui tient compte d'espaces agricoles interstitiels) comprenant 500 000 habitants dont 55 % pour la municipalité-centre et 45 % pour les municipalité de banlieue. Son organisation est radio-concentrique avec une municipalité-centre en demi-cercle sur la mer et une distribution des 6 municipalités de banlieue selon des axes radiaux (13) avec du nord au sud : Sakiet Eddaïer, Sakiet Ezzit, El Aïn, Gremda, Chihia et Thyna.

Ces banlieues ont prospéré le long des axes routiers, dépassant facilement une première couronne située à 4 kilomètres du centre (une route tangentielle sert de limite à cette première couronne : la rocade du kilomètre 4) mitant un espace agricole et d'agrément constitué de vergers (jnen). Cette urbanisation s'est faite avec une prédominance d'« habitat spontané » devant l'insuffisance des aménagements de l'État principalement en lotissements résidentiels destinés aux classes populaires. La forte croissance urbaine a reposé sur les banlieues qui ont surtout développé la fonction résidentielle, que ce soient les zones d'« habitat spontané » qui ont pris une ampleur à la mesure du sous-investissement public ou les lotissements des classes moyennes et supérieures au sud (Gremda, Chihia et Thyna).

La décision de la délimitation d'un périmètre d'intervention foncière de l'État il y a quelques années sur la commune de Sakiet Ezzit, une première, témoigne du décalage entre la demande foncière de la population et la réponse étatique tardive sinon insuffisante. Il en résulte un grand étalement qui accroît le problème des déplacements dans une agglomération où les moyens de transport publics sont limités (une seule ligne ferroviaire de banlieue entre Sakiet Ezzit et Sfax) et les distances grandes entre les lieux de résidence périphériques et l'emploi central (40 % de l'emploi pour 4,4 % des logements).

Culture 

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Le Musée archéologique de Sfax comprend une collection de pièces archéologiques antiques découvertes dans la ville et sur des sites proches. Il est situé dans le bâtiment de la municipalité.

La ville possédait un théâtre municipal entre 1903 et 1942. Bâtisse édifiée selon une architecture néo-mauresque, en cohérence avec le siège de la municipalité et le palais Ramdane, elle a été détruite lors des bombardements que Sfax a connu lors de la campagne de Tunisie qui visaient pourtant le port de commerce bien plus au sud de la ville.

Sfax concentre les principales institutions éducatives du sud du Sahel : l'Université de Sfax est ainsi l'un des principaux centres d'enseignement universitaire du pays. Parmi les lycées les plus connus de la cité figure le Lycée pilote de Sfax. En 2007, le Collège pilote de Sfax a ouvert ses portes.

Économie

Sfax est le premier port de commerce de Tunisie en termes de trafic (2000) et le second en termes de valeur. Le port possède deux particularités : c'est l'un des rares endroits de la Méditerranée où l'amplitude des marées dépasse 1,50 et 2 mètres aux équinoxes et, abrité des vents du large par les îles Kerkennah et les hauts fonds du golfe de Gabès atténuant les effets des vagues, aucune jetée ou digue n'y est nécessaire. Malgré l'important commerce maritime avec les Kerkennahet le reste du pays, le port est réduit jusqu'en 1886 à un simple appontement de bois de 50 mètres de long. Un port artificiel est creusé dans les sables et ouvert au trafic en 1891.

Mais l'exploitation des phosphates le rend vite insuffisant et un nouveau port est creusé. Comme à Tunis, les produits du dragage servent à gagner du terrain sur la mer. Comme tous les grands ports tunisiens, Sfax asouffert durant la campagne de Tunisie : l'Afrika Korps fait sauter une partie des quais avant de se replier le 11 avril 1943. La pêche occupe aussi une place de choix dans l'économie régionale avec une flotte d'environ 300 chalutiers-crevettiers, 50 thoniers senneurs, 1 500 barques à moteur et 2 000 barques à voile. La ville produit environ 25 000 tonnes de poissons par an, soit le tiers de la production nationale. Une bonne partie de cette pêche est exportée à l'étranger (10 000 tonnes environ) soit 70 % de l'exportation tunisienne des produits de la mer.

Les régions environnantes sont pour leur part axées sur l'agriculture qui constitue leur principale ressource : avec six millions de pieds d'oliviers et près de cinq millions d'amandiers, le gouvernorat de Sfax se place ainsi au premier rang des régions productrices d'huile d'olive (38,5 % avec plus de 200 000 tonnes) et d'amandes. L'élevage représente un secteur tout aussi important de l'économie régionale. Avec 340 000 ovins, 50 000 caprins et près de 30 000 bovins, la région occupe aussi une place de choix dans ce domaine. Une industrie laitière a pris pied dans le sillage de cet élevage intensif et l'on totalise 75 000 tonnes de lait par an.

Le secteur industriel est en plein développement et les statistiques avancent le chiffre de 4 000 entreprises. Pour ce qui est du secteur touristique, on y dénombre une vingtaine d'hôtels de divers standings. La ville devrait connaître prochainement un renouveau dans ce domaine avec l'achèvement des travaux du projet Taparura lancé le 6 avril 2006 et destiné à réconcilier la ville avec son littoral.

Transport

Cette section est vide, pas assez détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! L'aéroport international de Sfax-Thyna, mis en exploitation en 1980, est situé à 6 kilomètres au sud-ouest de Sfax. D'une capacité de 500 000 passagers par an, l'actuelle aérogare s'étend sur 8 000 m².

Sport

La ville de Sfax est considérée comme l'un des pôles sportifs les plus importants du pays avec environ 40 clubs sportifs. Elle compte ainsi quelques 7 200 sportifs pratiquants. Les spécialités pratiquées sont le football, le volley-ball, le handball, le basket-ball, le judo, le tennis, le rugby, l'athlétisme, la boxe, l'haltérophilie, la pétanque et la natation. En termes d'infrastructures, la cité abrite le stade Taïeb Mehiri, bâti en 1938, mais aussi le stade du 2 mars et le stade Siccaldi de même que la salle de sport du 7 novembre.

Le Club sportif sfaxien (CSS) est l'une des plus prestigieuses équipes sportives de Tunisie. En 2006, elle atteint la finale de la Ligue des Champions d'Afrique contre Al Ahly (Égypte). D'autres clubs sportifs ont existé avant le CSS comme l'équipe des chemins de fer de Sfax (Sfax railways sports), qui remporte son premier titre de championnat de Tunisie de football en 1934, ou encore le Stade sportif sfaxien (équipe de l'usine SIAPE).

En 2004, la ville de Sfax accueille des matchs de football de la Coupe d'Afrique des nations, qui est organisée par la Tunisie, comme le match de quart de finale Algérie-Maroc. En janvier 2005, Sfax accueille quelques matchs du premier tour de la Coupe du monde de handball notamment le choc du premier tour entre l'Espagne et la Croatie.